La Basilicata, anciennement appelée Lucania, est située entre les Pouilles et la Calabre. C'est une petite région de 9992 Km2 et 620.000 habitants, qui de par son emplacement fait fonction de trait d'union entre les côtes ionienne, tyrrhénienne et adriatique.
Son territoire est très montagneux: les Apennins du sud à l'est et au nord, avec le parc naturel du Pollino, fort apprécié par les passionnés de la nature; les Murge à l'ouest, en direction des Pouilles, la région des dolines et des ravins criblés de grottes; et la plaine de Metaponto au sud. En dépit de ses nombreux reliefs, cette région est surtout connue pour ses plages dans le golfe de Tarente ou le golfe de Policastro (encore préservées comme à Maratea), au pied d'une corniche d'où les vues sont magnifiques sur la mer et la côte.
Comme les régions avoisinantes, la Basilicata fut habitée depuis l'époque paléolithique. Entre 1200 et 1300 av. J.-C., elle fut envahie par une population provenant d'Anatolie, les Lykis (Lucòs, d'où le nom de Lucania), ayant un degré de développement supérieur aux habitants indigènes, un profond culte des morts et un grand sens de la solidarité. Ils partagent équitablement les terres, leurs villes se réunissent en une fédération disposant d'une seule monnaie (le basileus). Forts et bien soudés, ils résisteront aux tentatives de conquête des colonies grecques installées sur les côtes et vont même conquérir Sibari et Metaponto. Les Romains réussissent à les soumettre, mais les Lucains profiteront de chaque occasion pour essayer de s'affranchir. Ils seront ainsi aux côtés d'Hannibal et subiront la vengeance de Rome, insuffisante pour les décourager 150 ans plus tard à soutenir la révolte des esclaves conduite par Spartacus.
Après les siècles difficiles des invasions des Goths, la région sera marquée par les luttes entre Byzantins, Longobards et Normands, remportées par ces derniers. De nombreuses communautés monastiques s'établissent dans la région: basiliennes, souvent de rite byzantin, et bénédictines. De cette époque, nous restent les nombreuses églises et habitations rupestres éparpillées dans les campagnes et surtout dans les Sassi de Matera: il s'agit du plus extraordinaire, et plus élaboré, complexe d'habitations troglodytiques d'Italie. On assiste à cette époque à une double influence: orientale et byzantine d'un côté dans les peintures et les rites religieux, et occidentale de l'autre dans l'architecture religieuse et militaire. De même qu'en Calabre, les rites grecs vont être perpétués jusqu'à nos jours par les immigrations successives d'Albanais: leurs fêtes traditionnelles, des Pâques par exemple, sont très chorégraphiques.
Sous le règne normanno-souabe la Basilicata vit une période faste: l'agriculture et la démographie reprennent, on bâtit de très belles églises, des remparts et des châteaux. A la mort de Frédéric II, les Angevins prennent le pouvoir et le territoire est peu à peu délaissé. Au XVe siècle, leur succède la domination espagnole qui, avec le baroque, laisse des traces importantes, tant sur le plan de l'urbanisme que de l'architecture et la décoration des églises, des palais et des maisons. |
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